Le 04 avr. 2022 - Aymeric LIBEAU : 4 min
Vehicule retrofité Transition-One

2 ans de rétrofit ! Quel impact ?

Déjà 2 ans ! Il y a 2 ans, le 4 avril 2020 en pleine pandémie, l'arrêté ministériel autorisant la conversion de véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique est publié au journal officiel. Cette transformation s'appelle le rétrofit.


Pourquoi le rétrofit ?

A la lecture du 3ème rapport du GIEC, la nécessité d’un changement dans nos comportements et modes de consommation est primordiale.
Nous devons réduire rapidement et massivement les émissions de gaz à effet de serre. Dans le cas contraire, sans catastrophisme, les conséquences seront de plus en plus visibles. La fabrication d'un véhicule neuf émet du CO2e, la mise à la casse d’un véhicule émet également du CO2e. Par contre, le rétrofit d’un véhicule thermique en électrique offre l'opportunité de continuer à utiliser son véhicule en étendant sa durée de vie.

A l'heure de tensions sur l'approvisionnement en ressources fossiles, la migration énergétique devient une préoccupation grandissante. Passer d'un 12-15€ / 100km en carburant fossile à 2-3€ / 100km avec un véhicule électrique va devenir une exigence forte. Le véhicule neuf ne peut pas être la seule solution. Le véhicule rétrofité vient donc bien compléter l’offre de véhicules électriques.

« Tout cela représente des tonnes de CO2e. La mission que nous avons retenue à Transition-One est de faire économiser 1.000.000 de tonnes de CO2e en 10 ans. »

 

Quels sont les véhicules éligibles au rétrofit ?

Techniquement, tous les véhicules sont éligibles. Mettre un moteur en lieu et place du moteur thermique, ajouter un pack batterie, respecter des règles mécaniques et de sécurité font qu'un rétrofit sérieux est possible. Si techniquement c'est possible, il y a un modèle économique à tenir pour financer les tests par modèle pour constituer le dossier d'homologation.

Les homologations ne sont pas une licence et fort heureusement. Il s'agit d'un ensemble de d’essais, de tests opérés dans des laboratoires officiels pour mesurer les conséquences des modifications réalisées sur le véhicule thermique d’origine. Ensuite, un service de l'état s'exprime sur les éléments présentés (prototype, dossier technique, résultats des tests).
Nombreux sont ceux qui attendent un rétrofit à la mode anglo-saxonne où l'on déclare une modification, on paie et c'est terminé. Malheureusement, ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Il convient de ne pas négliger la prise de responsabilité personnelle sur les potentielles conséquences fâcheuses. Les assureurs rencontreront des difficultés à rentrer dans un tel marché, la prise de risque est forte.

« En ciblant les véhicules légers et populaires le rétrofit de Transition-One va donner l'opportunité au plus grand nombre d'agir face à l'urgence climatique. »

 

Un rétrofit industriel

Le rétrofit ne peut démarrer qu'en étant industriel. Peu d'activités ont eu comme conditions de démarrage d'être industriel. C'est une activité sur le matériel (hardware), la condition sine qua none de génération d'impact.
Une autre condition forte au démarrage du rétrofit est d'être bas carbone. En effet, la solution ne doit pas être plus négative que le remède. Toutes les activités sont émettrices de CO2e mais cela doit être maîtrisée. Si la fabrication d'un véhicule électrique de petite taille représente 7 tonnes de CO2e, nous estimons atteindre 2-3 tonnes de CO2e rapidement. Je n'évoque pas les véhicules électriques fabriqués en Chine avec une électricité carbonée.

« Les solutions hardware et industrielles bas carbone sont indispensables pour générer de l'impact. Ce n'est pas une application mobile qui générera de l'impact suffisant. »

 

Comment est perçu le rétrofit ?

Transition-One a reçu plus de 10.000 demandes de rétrofit et près de 1.000 candidatures pour devenir installateurs, la traction est forte. La vidéo du "Fully Charged Show" a été vue plus de 355k fois en 20 jours, la traction est forte. Le rétrofit est facilement compréhensible, additionné d'un rétrofit à un prix abordable, cette solution vient bousculer les pratiques en place.

« Nous n'avons jamais connu une telle urgence climatique. Les pratiques habituelles ne vont pas suffire pour surmonter ces nouveaux défis. Le rétrofit de Transition-One est raisonnable, raisonné et propose une approche suffisante à de très nombreux usages. »

 

Quelles sont les incitations pour le rétrofit ?

La mise en place des zones à faible émission mobilité (ZFE-m) est une incitation forte pour améliorer la qualité de l'air des zones denses. Prenons l'exemple de la ZFE du Grand Paris, en 2024, de nombreux véhicules essence et diesel vont être interdits à la circulation.
Lire notre article sur les ZFE-M.

Les changements appellent les aides de l'état pour soutenir la migration vers l’électrique. Oui, il faut des aides d'état, des régions des métropoles pour soutenir ce changement fondamental pour répondre aux enjeux écologiques et sanitaires. Le rétrofit, plus vertueux que le véhicule neuf, devrait bénéficier des mêmes primes que pour l’acquisition d’un véhicule neuf.

« Le rétrofit offre une solution abordable pour le plus grand nombre. »

 

Comment démarrer le marché du rétrofit ?

Le marché du rétrofit doit impérativement démarrer massivement pour permettre d'atteindre des objectifs impactants. Les principaux vecteurs pour une accélération du marché du rétrofit :

- Investissements massifs : il y a encore trop d'hésitations, de refus de la part d’investisseurs privés et institutionnels (trop de CAPEX, solution hardware, secteur industriel), les investisseurs sensibles aux sujets d'impact ne sont pas assez nombreux, ils doivent augmenter.
- Réglementation européenne : la commission européenne doit travailler dès maintenant à une harmonisation de la réglementation du rétrofit sur le territoire européen. Cette dimension européenne aura de l'impact.
- Industrie bas carbone : ne parlons pas de "solution propre" car il n'y en a aucune. Le rétrofit exige une production bas carbone pour justifier son impact.
- Faire connaître le rétrofit : facile à comprendre, le rétrofit n'est pas encore assez connu.

« Le "en même temps" s'applique également au rétrofit. Dans l'urgence climatique, nous n'avons pas le temps de démarrer gentiment. »

 

Les changements de paradigmes

Je suis le premier frustré que le rétrofit ne soit pas déjà une solution disponible au plus grand nombre.
Voici une proposition de nouveaux paradigmes afin de réfléchir collectivement aux évolutions :
- Le rapprochement du prix d'un produit avec son impact CO2e doit nous permettre de "mieux" choisir. D'ailleurs, en choisissant la solution bas carbone, on n'a plus besoin d'écrire "Made in France" sur le produit.
- Le neuf ne peut plus être la solution. Les plateformes comme LeBonCoin ou Vinted démontrent qu'il y a un engouement sur le ré-emploi. Nous avons la possibilité d'améliorer les véhicules pour leur ré-emploi.
- Le véhicule "couteau suisse" qui permet de faire 100m comme 1.000 km dans la journée n'est plus l'approche pertinente. Dans cette urgence, le véhicule dont l'autonomie correspond à ses usages les plus fréquents devient incontournable.

Je voulais ajouter une note personnelle, le jeu d'acteur de Leonard Di Caprio dans le film "Don't look up" est extraordinaire de réalisme face à de l'incompréhension des enjeux. Cela ressemble à ce que je vis au quotidien.

« Les recettes d'hier ne peuvent plus être les seules solutions d'aujourd'hui et demain.»